Grand chien blanc
2025
Oeuvre réalisé dans le cadre d’une résidence au Musée du Bas-Saint-Laurent
Panneau de contreplaqué, panneau de fibres à densité moyenne, graphite (crayon de plomb), crayon de couleur, feutres, gomme laque, feuille d’or imitation no.2, pigment noir, impression à jet d’encre
Crédit photo: Jean-François Lajoie
Revue de presse de l’exposition collective Matière et Modernité
La fabrique culturelle (2025)
Radio-Canada (2025)
Le Devoir (2025)
Selon le graveur, cartographe et architecte Piranesi (1720-1778), les ruines archéologiques ne constituaient pas simplement des vestiges d’un passé, mais des éléments d’un présent qu’il pouvait recombiner et reconfigurer, renversant ainsi l’objectivité de la cartographie historique. Inspiré par cette interprétation, Vincent Perron a déployé sous la forme d’un dessin un espace entrelaçant l’imaginaire et l’histoire. Le titre de l’œuvre renvoie à une vision que le grand-père de l’artiste a eue la veille de son décès. Cette œuvre est un hommage – « vivant ou construit », tel qu’il le spécifie – au bâtiment du Musée, mais aussi aux morts de l’entourage de l’artiste.
À l’image de ses recherches sur l’architecture du Musée et son implantation dans le plan d’urbanisme de la ville, l’œuvre de Vincent Perron se déploie en de multiples couches de lectures. Ses dessins envahissent la surface, des traits accentuant certains détails. Rien n’est effacé. Le quotidien de l’artiste ponctue la recherche historique, créant un palimpseste temporel. Vincent Perron combine des éléments de sa vie, comme une élévation de sa maison dans le bas du fleuve, une chaise emblématique de sa démarche artistique, une colonne corinthienne classique dans son salon, avec des éléments issus de l’histoire du Musée, comme la première esquisse du Musée d’archéologie de l’Est du Québec jamais réalisée à l’angle des rues Saint-Pierre et Laval. Il fusionne des projets d’aménagement du Musée et les multiplie. En arrière-plan, un dessin célèbre la ruine du Musée par une échelle grandiloquente, monumentale. Le temps érode le bâti et le magnifie, partageant un questionnement sur la place d’un musée dans une ville et son évolution imaginée ou réelle au fil du temps.
Au mur est mis en exergue un détail du dessin, qui est partiellement couvert dans l’installation. On y reconnaît l’entrée nord du Musée. Un minuscule personnage se tient debout devant la porte. Son ombre se transforme en une fissure qui vient fendre l’entrée. Plus haut, la salle des mécaniques, habituellement cachée, est rendue visible. Jouant encore avec la notion de réalité, l’artiste marque sa présence avec un stylo, nonchalamment déposé sur le dessin.
Texte: Oriane Asselin Van Coppenolle